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V O Y A G E S I N T E M P O R E L S
HÉLIANTHE...
...OU LA POÉSIE PASTORALE
On peut les apercevoir
Mais pas seulement par hasard
Leur taille est là pour nous montrer
Qu'il est inutile de se cacher
Car même au centre de notre vie
Il nous faut espérer, ici
Est le bonheur que nous cherchons
Pourquoi dès lors le fuir en amont?
À la frêle lueur des rayons de l'aurore
Je pose mon regard et vois qu'ils dorment encore.
Les scrutant un par un, je me plais dans ce monde
À ouïr tel un refrain la beauté berçant
cette ronde.
Leur coeur pourrait être semblable au nôtre,
Bien qu'il contient l'appel d'un autre.
Le soleil se lève enfin, flamboyant de lumière
Il éblouit en son sein la richesse de cette
terre.
Ils resplendissent sur ces palettes de couleurs
Pour remplir tel un enfant, nos yeux de bonheur ;
Le jaune appel le noir, souvent marque d'espoir
Mais ce dernier n'est autre que le reflet du
miroir.
La matinée entame sa progressive et lente
traversée
Mes yeux ne cessent sous leur charme, de se
déployer.
Devenant soudain par la pensée un insecte
bourdonnant
Allant de droite à gauche, sous mon poids se
ployant.
Mais ma tâche est rude, je dois l'accomplir
Rien ne doit alors, me faire songer à son empire.
Fermant les yeux pour les rouvrir, encore et
toujours
Sur cette Nature, beauté, qui parfois nous parle
d'amour.
Midi sonne au clocher me faisant vibrer
D'une autre ardeur par cette magie offerte par
l'été.
Puis le soir me surprend, assise à la même place
Où je demeure plongée tel Narcisse devant sa
glace.
Même l'approche de la nuit ne peut altérer
La grandeur de leurs formes côtoyant ces champs
de blés.
Ces couleurs mêlées de vert, de jaune et d'or
Font naître l'importance en mon corps.
La disposition de leurs pétales autour de ce
soleil
Ne peut nullement, par aucune autre, être
pareille.
La nuit va refermer les pétales sur ces rondeurs,
De poursuivre mes observations? Il n'en est
plus l'heure!
Vous qui passez sur ces chemins, arrêtez-vous!
Allez à pieds sans les cueillir et gardez en vous
L'image qu'ils procurent à nos yeux voyageurs.
Dieu qu'ils sont beaux ces tournesols!
...et nous laissent rêveur...
Je voudrais du fond du coeur
Avoir pu décrire la passion sans leurre
Qu'un ami possède envers ces fleurs,
Et qu'il revive ainsi leur présence en son coeur.
Nul ne peut rester indifférent
Devant le charme d'un enfant
Alors conservez ce coeur plein d'Amour
Pour vivre pleinement à votre tour.
La vie est courte,
Et nul doute
Que dans la vie
Tout est incompris
Pourquoi ne pas
Ainsi, ici-bas
Remettre à jour
Les fleurs dans l'Amour?
PASSAGÈRE
C'est la vie d'un moment,
Et le sommeil pour toujours
Car je vous parle à l'instant
D'une beauté sans détour.
De sa robe vert clair
Elle danse à votre contour,
Danse, dans la nuit claire
Pour son unique et dernier jour.
Vous pourrez sans doute
L'apercevoir un beau jour,
Seule, en plein mois d'août
Elle voltige en plein faubourg.
Le lendemain la montrera toute
Différente au levé du jour,
Le soleil couchant, sur sa route
La mène au bout de son parcours.
Mais bien que fugitive,
Contrainte à une vie précaire,
Elle porte en elle une force vive.
On se sent prêt à la soustraire
À cette force de la nature,
À sa vie que nul ne peut refaire.
On pense, à la vue de cette créature
Comme elle est belle, l'éphémère.
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